Aung San Suu Kyi, une femme d'exception

Publié le par caphi

« Usez de votre liberté pour promouvoir la nôtre » (Aung San Suu Kyi)


"C'est un chapitre HISTORIQUE qui s'ouvre en Birmanie. Aung San Suu Kyi est l'exemple et le modèle vivant de ce 21ème siècle démontrant comment une femme peut vaincre une dictature, avec obstination, respect et toujours NON-VIOLENCE. On ne peut que vouloir la suivre et l'aider, encore et encore, sur le chemin de la démocratie et de la renaissance de son peuple qui le mérite tant !"
Pierre Martial,PRESIDENT DE “FRANCE AUNG SAN SUU KYI”

(pour comprendre, lire plus bas les dernières nouvelles de Birmanie)

BIRMANIE : en bref, la situation aujourd'hui

En Birmanie, les centaines de libérations de prisonniers politiques ordonnées vendredi par le gouvernement apparaissent comme un pas important de la politique d’ouverture du président Thein Sein. En tout, 400 prisonniers politiques auraient été libérés, selon une ONG basée en Thaïlande. Beaucoup de ceux-ci comptent immédiatement reprendre des activités politiques... LIRE la suite
 

. Une junte militaire qui tenait une population pacifique d'une main de fer depuis 1962 qui vient de donner le pouvoir à des civils mais encore "sous-contrôle" des généraux
.
Corruption avec l'assentiment de grands groupes étrangers (TOTAL) et droits de l'homme bafoués.
. Des gouvernements tout comme l'ONU incapables de faire plier des généraux supersticieux.
. Une femme, Aung San Suu Kyi, fille du libérateur de la Birmanie qui fut assassiné en 1947, PRIX NOBEL de la PAIX en 1991, reconnue, aimée et élue démocratiquement par son peuple mais assignée à résidence pendant de longues années, aujourd'hui enfin "libre" et qui se présente aux prochaines élections (2012) qui se veulent "libres".

. Des milliers de citoyens birmans (démocrates, journalistes, moines bouddhistes et militants des droits de l’homme) qui furent longtemps emprisonnés dont un nombre important aujourd'hui libérés grace à la pression internationale.

> Dernières infos

 [ACTU] Aussitôt libérés, des ex-prisonniers se tournent vers la politique (RFI, samedi 14 janvier 2012) LIRE

Aung San Suu Kyi se présente aux élections et met la pression sur le gouvernement birman. (2 décembre 2011) Cette fois c'est officiel et historique: Aung San Suu Kyi va se présenter aux prochaines élections pour devenir députée et faire son entrée officielle au Parlement birman. Elle ne compte pas d'ailleurs pas y être seule puisqu'elle a demandé aux membres de son parti, la LND (Ligue Nationale pour la Démocratie) de se présenter également aux 48 sièges vacants pour lesquels la population sera appelée à voter avant la fin de l'année [2011]... LIRE la suite de l'article de Pierre Martial sur LE POST, 02/12/2011

02/12/2011 : Hillary Clinton rencontre Aung San Suu Kyi 

18/11/2011 : Retour officiel de la LND sur la scène politique 


safe_image.php?d=AQCdAnuqLW5il9-l&w=90&h ‎"Ce que dit Aung San Suu Kyi" par Frédéric Debomy, ancien président d'Info Birmanie, et Stéphane Hessel, ambassadeur de France * (Le Monde, 28 décembre 2011)

Pour la "dame de Rangoun", la volonté de réforme du régime semble réelle, mais elle rappelle que nous n'en sommes encore qu'"au début du début"  (Le Monde, 28 décembre 2011)

"Pour Aung San Suu Kyi, figure de référence du mouvement démocratique birman et lauréate du prix Nobel de la paix, la volonté de réforme du régime semble réelle. Mais la dirigeante de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) demeure prudente : elle rappelle que nou
s n'en sommes encore qu' "au début du début" des changements espérés. Elle estime en outre qu'il faut demeurer attentif à la possibilité d'une réaction violente des éléments conservateurs du régime. Elle sait aussi qu'il ne saurait y avoir de stabilité en Birmanie si les revendications des minorités nationales (qui souhaitent un Etat fédéral et démocratique) ne sont pas entendues.
Aung San Suu Kyi sait que le temps de la politique est un temps long. Sa patience ne doit pas être confondue avec une forme de négligence ou d'indifférence envers des réalités humaines qu'elle sait dramatiques. Loin de regretter d'avoir perdu la figure morale au profit de la femme politique, ses soutiens internationaux devront admettre qu'il ne lui sera pas toujours possible de faire avancer des dossiers pourtant urgents aussi rapidement ou aussi complètement qu'il le faudrait. Il leur faut pourtant continuer de soutenir la "Dame" : pour que les évolutions en cours en Birmanie aillent le plus loin possible, il importe que le monde extérieur lui apporte son plein soutien."
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* Frédéric Debomy et Stéphane Hessel ont publié avec Aung San Suu Kyi et Info Birmanie le livre "Résistances. Pour une Birmanie libre"
[géopolitique] "Jeu de dames sur l'échiquier birman" (Le Monde, 4-12-2011) Au diable l'euro, la dette et la crise. Loin, très loin de Bruxelles et des manchettes apocalyptiques du Financial Times, un magistral chapitre d'histoire géopolitique s'est écrit en direct cette semaine, dans un pays si martyrisé qu'on avait oublié à quel point, bien mieux qu'au cinéma, les grandes puissances pouvaient encore en faire le théâtre de leurs rivalités... Jeudi 1er décembre, Hillary Clinton, chef de la diplomatie américaine, recevait à dîner Aung San Suu Kyi, chef de file de l'opposition birmane, Prix Nobel de la paix, quinze ans d'assignation à résidence derrière elle... > LIRE la suite

Pourquoi la Birmanie s'éveille

Par Renaud Egreteau, chercheur à l’université de Hongkong, auteur de Histoire de la Birmanie contemporaine. Le pays des prétoriens (Fayard, 2010), L'Express, 30/11/2011

Pourquoi la Birmanie s'éveille

Aung San Suu Kyi, à Rangoon, le 20 novembre, devant le siège de son parti. L'opposante a l'intention de se présenter aux prochaines élections.

REUTERS/Soe Zeya Tun

Hillary Clinton effectue ce mercredi la première visite d'un chef de la diplomatie américaine en Birmanie en plus d'un demi-siècle... Dans ce pays si fermé, le pouvoir reste aux mains des militaires, même s'ils semblent approuver un dégel politique. Spécialiste du pays, le politologue Renaud Egreteau décrypte cette ouverture inattendue. 

Que se passe-t-il dans cette Birmanie si longtemps recluse et réfractaire au changement? Depuis quelques mois, diplomates onusiens et occidentaux se bousculent à Rangoon pour y rencontrer l'égérie démocrate, Aung San Suu Kyi. Pour la première fois depuis 1955, un secrétaire d'Etat américain, Hillary Clinton, y est accueilli cette semaine. La nouvelle élite dirigeante "civile", qui a succédé à la junte du général Than Shwe en mars, enchaîne les visites de courtoisie auprès de ses voisins: Inde, Chine, Vietnam, mais aussi, plus loin encore, Japon et Russie. En 2014, la Birmanie présidera l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, après avoir organisé les Jeux du Sud-Est asiatique de 2013, avant de rejoindre, en 2015, une zone de libre-échange asiatique. Les droits de grève, de manifestation et les syndicats sont désormais légaux. Journalistes et dissidents birmans obtiennent leurs visas. Le monde à l'envers? 

Pas vraiment. Car la Birmanie a cessé depuis longtemps de vivre dans un splendide isolement à la nord-coréenne. La Chine a su y étendre ses réseaux d'influence, alors que l'Occident pliait bagages, imposant ses sanctions dès les années 1990. Singapour, la Thaïlande, l'Inde ou la Corée du Sud ont développé de précieux liens économiques avec cette région riche en ressources. La Russie, fournisseuse d'armes, est devenue un partenaire essentiel des autorités birmanes. Malgré l'isolement imposé par Bruxelles et Washington, et malgré une opinion internationale fascinée par le combat souvent caricaturé de Mme Suu Kyi, de nombreuses ONG ont pu pénétrer dans le pays. Surtout, quelque 3 millions de Birmans vivent aujourd'hui hors des frontières de leur pays. Migrants, commerçants expatriés, réfugiés, étudiants, tous restent connectés avec leur patrie, à laquelle ils apportent une ouverture sur le monde bien plus grande qu'on ne l'imagine. 


Des possibilités de coopération inédites


Par sa récente mue "civile", le pouvoir militaire birman semble prendre acte de ces évolutions et cherche à redéfinir son rapport à la société, tout en adoptant une nouvelle vision du monde. Il en va de sa survie en tant qu'institution prétorienne dominante. La Birmanie doit s'ouvrir, ne serait-ce que pour assurer la paix sociale à une nation minée par ses divisions ethniques et ses oligarchies mafieuses. Incapable de réformes, l'ancienne junte n'avait su projeter à marche forcée le pays vers l'avenir. 


Depuis le passage tragique du cyclone Nargis, en 2008, de nouvelles forces sont apparues. Société civile, milieux intellectuels, Birmans de l'étranger et jeunesse branchée étendent leur influence sur le fait politique et, donc, sur l'armée. Tous ont su profiter de l'oeil bienveillant d'une partie de cette institution polymorphe, dont certaines de ses élites se montrent aujourd'hui résolument réformistes. 

Les jeux de la démocratisation et du retour dans le concert des nations ne sont pas pour autant faits. Les sanctions occidentales demeurent en place, et les réviser demandera d'interminables négociations. De même, des décennies de nationalisme autarcique birman ne se balaient pas d'un revers de la main. Mais, au moins, la levée de l'intransigeance américaine, facilitée par le rapprochement entre Mme Suu Kyi et le régime du général Thein Sein, laisse entrevoir des possibilités de coopération inédites depuis 1990. La Birmanie, avec prudence, va sortir du bois. Elle ne peut faire autrement. 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/pourquoi-la-birmanie-s-eveille_1056397.html

précédemment...

> 13 novembre 2010 : La junte confirme la libération d’Aung San Suu Kyi : Info-Birmanie accueille cette nouvelle avec joie, mais aussi avec prudence > lire  

Soutenir la birmane Aung San Suu Kyi, une femme d'exception et la dissidence birmane face à une junte militaire sourde aux appels internationaux

DOSSIER (histoire de la Birmanie, revue de presse, reportages, photos)
(page commencée le 3 octobre 2007 et actualisée régulièrement)

Jane-Birkin-pour-AN-SAAN-SUU-KYI--11-08-Jane Birkin entourés des soutiens pour Aung San Suu Kyi, 11-08-2009 à proximité de l'ambassade de Birmanie à Paris (17e) - photo caphi

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Les organisations du monde entier appellent la communauté internationale à mettre en place un embargo global sur les armes à destination de la Birmanie et à la tenue d’une enquête du Conseil de sécurité des Nations unies. Au mois d’avril une équipe de chercheurs de l’université d’Harvard avait publié un rapport recensant les preuves établies par les agences des Nations unies de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis par le régime :http://www.law.harvard.edu/programs/hrp/newsid=59.html (source :www.info-birmanie.org)

LIRE PLUS BAS une sélection d'articles de presse et de blogs comprenant aussi un portrait de Aung San Suu Kyi  et l'histoire de la Birmanie > lire en fin de cette page

La liberté attendra pour Aung San Suu Kyi
KOREA432.jpg 
Aung San Suu Kyi devra purger sa peine de dix-huit mois d'assignation à résidence. La Cour suprême a rejeté le recours de ses avocats et confirmé sa condamnation ce vendredi 26 février 2010. Une peine consécutive à l'intrusion d'un Américain dans la propriété du prix Nobel de la paix en août 2009.
Avec notre correspondant à Bangkok,Arnaud Dubus, rfi.fr
 
 La décision de la Cour suprême n’est absolument pas une surprise. Les généraux birmans avaient déjà annoncé qu’Aung San Suu Kyi ne serait libérée qu’au terme de son assignation à résidence en novembre 2010. On sait que le système judiciaire birman n’a aucune autonomie par rapport au pouvoir militaire et donc les juges ont strictement appliqué ce qu’on dit les généraux birmans.
La junte avait déjà libéré Tin Oo, le numéro deux du parti d’ASSK, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) à la mi-février, et les généraux considèrent que c’est un geste de leur point de vue suffisant pour satisfaire les exigences de la communauté internationale et montrer leur bonne volonté par rapport aux élections qui auront lieu à la fin de l’année.
Le maintien en détention d’Aung San Suu Kyi est lié à l'organisation de ces élections générales. Elle sera probablement libérée juste après le scrutin. Les généraux craignent en fait son pouvoir de mobilisation, son charisme, so neffet catalyseur sur les Birmans. Il faut rappeler qu’en 1990, Aun San Suu Kyi était assignée à résidence et que malgré cela son parti avait très largement remporté le scrutin. La junte ne veut pas se retrouver dans le même cas de figure et entend contrôler strictement l’élection. Aung San Suu Kyi en liberté, représente selon la junte, une menace trop grande.
lien de l'article :www.rfi.fr/contenu/20100226-liberte-attendra-aung-san-suu-kyi?ns_campaign=nl_monde260210&ns_mchannel=newsletter&ns_source=emailvision&ns_linkname=lire-2&ns_fee=0 députés européens expriment leur inquiétude et appellent à la libération de Aung San Suu Kyi

Les députés européens expriment leur inquiétude et appellent à la libération de Aung San Suu Kyi
Parlement Européen - (source :  / Parlement Européen / newspress.fr, 22/02/2010)

Alors que des élections - les premières depuis 1990 - devraient se tenir cette année en Birmanie, les députés européens s'inquiètent des conditions dans lesquelles elles pourraient se dérouler. Elles pourraient servir à légitimer la junte militaire au pouvoir, lui assurant une majorité des sièges au parlement. Dans une résolution, les parlementaires appellent à la libération de l'opposante Aung San Suu Kyi et à la protection des populations civiles dans les conflits qui déchirent le pays
.

« La situation ne semble pas s'améliorer ».Voilà, en quelques mots, comment la Finlandaise Eija-Riitta Korhola (Parti populaire européen) a résumé la raison pour laquelle les députés européens se sont à nouveau saisis du problème birman. La junte au pouvoir fait en effet peser un joug de fer sur le pays. « La Birmanie est l'un des pays les plus fragiles au monde en ce qui concerne les droits de l'homme », a rappelé Eija-Riitta Korhola.

Pour le Britannique Charles Tannock (Conservateurs et réformateurs européens), il est du devoir de tout démocrate de s'élever contre de tels abus : « Les généraux peuvent ignorer nos appels, mais en tant que démocrates, nous avons le devoir de dénoncer une telle brutalité, où qu'elle se déroule dans le monde ».

Des élections qui risquent de ne pas être libres

La junte militaire a promis que des élections se dérouleraient en 2010. Pour l'instant, ni la date du scrutin ni même la loi électorale ne sont connues. « Si les élections se tiennent en conformité avec une constitution rédigée par l'armée, elles auront pour seul effet de légitimer cinq décennies de régime militaire et de donner aux militaires 25 % des sièges du parlement », s'est inquiété la Belge Véronique de Keyser (Socialistes et démocrates).

La Française Marie-Christine Vergiat (Gauche unitaire européenne) a rappelé le lourd contexte dans lequel les élections pourraient se tenir, et les problèmes que le pays connaît depuis deux décennies. « Les derniers députés élus démocratiquement l'ont été en 1990. Ils ont tous été arrêtés ou forcés à démissionner. On fait état de plus de 2 000 prisonniers politiques ».

Des députés unanimes

Signe de leur engagement et de leur détermination, les députés européens ont adopté une résolution à l'unanimité. Elle demande la libération d'Aung San Suu Kyi et la levée de l'interdiction de se présenter aux élections qui la touche. Elle rappelle le droit à la liberté de rassemblement et demande que celle-ci soit respectée.

Par ailleurs, la junte militaire lutte contre les indépendantistes de la guérilla karen, une ethnie minoritaire. Les combats ont déjà déplacé plus de 10 000 personnes, notamment 3 000 Karens qui se sont réfugiés en Thaïlande. Ce dernier pays a d'ailleurs rejeté une demande des autorités birmanes demandant leur rapatriement. Les députés européens ont salué cette décision, et ont demandé dans leur résolution de protéger les civils des combats.

Enfin, la résolution invite la Commission européenne à maintenir son aide humanitaire aux réfugiés de la zone frontière entre la Birmanie et la Thaïlande. Ils seraient environ 140 000.

lien de la page :www.newspress.fr/Communique_FR_225509_658.aspx

www.info-birmanie.org
 (diffuse des informations sur la situation politique, économique et sociale de la Birmanie)

VEILLEE SILENCIEUSE EN SOUTIEN AU PRIX NOBEL DE LA PAIX AUNG SAN SUU KYI le mardi 6 octobre 2009 de 21h à 23hsur le Parvis de l'Hotel de ville de PARISà l’initiative de Jane Birkin et en présence de la plupart des artistes signataires de l’appel lancé en juillet dernier à l’occasion du procès dont Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Charlotte Rampling…
Avec le concours de INFO BIRMANIE, FIDH, AMNESTY INTERNATIONAL, COLLECTIF SOS POUR AUNG SAN SUU KYI, LA LIGUE DES DROITS DE L’HOMME, HUMAN RIGHTS WATCH

 

www.info-birmanie.org 
(Diffuse des informations sur la situation politique, économique et sociale de la Birmanie)

Point de vue

SOS pour Aung San Suu Kyi

 
Article paru dans l'édition du Monde du 31.07.09.
Nous attendons avec frayeur le "verdict" du procès d'Aung SanSuu Kyipar la cour militaire birmane... Connaissant la férocité, le mépris et la mauvaise volonté des militaires à son égard, on peut se préparer sans illusions au pire. La lauréate du prix Nobel de la paix est en effet la proie des généraux depuis deux décennies. Ils ont déjà essayé de l'assassiner en 2003, et ils ne cessent, depuis, de la harceler. Nous savons qu'ils veulent l'"écarter" pour au moins un an, le temps de préparer et de gagner leurs "élections", le temps de s'assurer qu'aucune résistance démocratique n'est possible...

Nous savons Aung San Suu Kyi courageuse, mais en mauvaise santé. Nous la savons sereine, mais combien de temps ce corps de femme pourra-t-il tenir ? Les "accusations" contre elle, nous les connaissons : tout vient d'un Américain qui, déjouant les soldats qui la gardent, a nagé jusqu'à sa "résidence surveillée" et est resté chez elle une journée et deux nuits. Elle l'a supplié de partir, ce mormon, muni d'une bible ! Mais il a refusé. Et cela arrange bien les affaires de la junte militaire.

Le crime d'Aung San Suu Kyi ? N'avoir pas dénoncé aux militaires l'intrusion de cet illuminé aux soldats entourant sa résidence surveillée ! Soldats qui, il faut bien le reconnaître, se sont montrés ce jour-là d'une étonnante distraction alors qu'ils l'ont séquestré pendant près de quatorze ans sans que personne jamais ne puisse l'approcher, la confinant dans un isolement total. Certains parlent d'une manipulation ou d'un piège. C'est, en tout cas, une occasion rêvée pour les militaires au pouvoir.

Tout cela serait risible et ridicule, si la vie d'Aung San Suu Kyi n'était pas en jeu, car, de nouveau emprisonnée dans la prison d'Insein, à l'âge de 64 ans, elle a une santé de plus en plus fragile.

Son destin est étroitement lié à celui de ses compagnons de malheur, d'autres prisonniers politiques, torturés et maintenus en prison avec des peines allant pour certains jusqu'à soixante-cinq ans d'emprisonnement, pour avoir participé à la "révolution safran" ou encore parlé aux étrangers. Dans cet Etat de terreur qu'est la Birmanie des généraux, pour le peuple birman, le seul espoir qui subsiste, c'est Aung San Suu Kyi et la Ligue pour la démocratie dont elle est la dirigeante.

Depuis vingt ans elle tient bon, mais cette fois-ci nous redoutons le pire : une sentence qui pourrait la faire taire à tout jamais.

[le billet de caphi] Complicités

Après une action diplomatique de longue haleine - où les organisations politiques et économiques ont joué sur tous les tableaux - la main tendue et les sanctions économiques - qui n'ont donné aucun résultat, le pouvoir birman s'est pourtant encore durçi.

Il semble plus facile de libérer une militante franco-colombienne (qui avait pourtant été prévenue du risque de se retrouver "otage" des FARC) de la jungle colombienne qu'une pacifiste démocratiquement élue, et très populaire dans son pays - assignée à résidence pendant plusieurs années - et aujourd'hui emprisonnée (pour des raisons factices), avec plusieurs centaines de prisonniers politiques - par une junte militaire qui se maintient au pouvoir depuis 1962 !

Aussi, en raison aussi d'un manque de mobilisation des médias, bien trop timorés et trop sélectifs, en préférant une pipolisation à outrance, les pouvoirs publics -  et, hélas, de trop nombreux Chefs d'Etat complices - , ne semblent pas y voir une priorité.

L'Histoire jugera.

caphi

Manifestation-pour-AUNG-SANG-SUU-KYI--19Manifestation pour la libération d'Aung San Suu Kyi en présence du maire de Paris Bertrand Delanoë et de plusieurs de ses adjoints, place de le République 19 mai 2009 à midi 30, (Paris) - photo caphi
Paris, le 18 mai 2009
COMMUNIQUÉ DE PRESSE de Bertrand Delanoë
Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, citoyenne d’honneur de la Ville de Paris, est à nouveau emprisonnée par la junte au pouvoir en Birmanie, inculpée à la suite
de l’intrusion rocambolesque d’un citoyen américain dans sa résidence la semaine
dernière.
Alors que son procès a débuté aujourd’hui, fermé à toute présence étrangère, son issue est évidemment à redouter, personne n’étant dupe du chef d’inculpation retenu.
A quelques jours de la fin officielle de son assignation à résidence, et malgré un état physique extrêmement fragile, Aung San Suu Kyi, se voit ainsi, une fois de plus, empêchée de recouvrer une liberté dont elle est privée depuis dix neuf ans.
Au nom de Paris, je tiens donc à exprimer mon indignation et ma plus vive préoccupation face à cette nouvelle atteinte aux droits de l’Homme perpétrée par le régime birman. Je veux assurer Aung San Suu Kyi, et à travers elle, les démocrates birmans, de notre totale solidarité.
Je me rendrai d’ailleurs Place de la République, demain, mardi 19 mai à 12h30 heures, afin d’exprimer, devant le portrait d’Aung San Suu Kyi, le soutien de notre cité à sa citoyenne d’honneur et j’invite les Parisiens à venir nombreux manifester ainsi notre vigilance et notre mobilisation.
Nous demandons avec force la libération immédiate d’Aung San Suu Kyi, et nous souhaitons que toutes les voies d’une indispensable pression internationale soient explorées à cet effet. Le combat admirable et le courage de cette militante de la démocratie doivent en effet mobiliser, de par le monde, toutes les volontés attachées à ces valeurs essentielles.
Bertrand Delanoë

Jane-Birkin-pour-AUNG-SANG-SUU-KYI--le-1La manifestation parisienne a reçu entre autres le soutien des comédiens Jane Birkin et Charles Berling - photo caphi >

 Ecrivez vos témoignages de soutien à Aung San Suu Kyi pour son 64ème anniversaire dans le cadre de la campagne "64 mots pour Aung San Suu Kyi" sur le sitewww.64forsuu.org.
Les acteurs américains Demi Moore et Kevin Spacey, l'artiste Yoko Ono, veuve de John Lennon, et le Premier ministre britannique Gordon Brown font partie des personnalités ayant déjà apporté leur contribution sur le site Internet. Joignez-vous à eux !

ACTUALITÉ > « Semaine de la Birmanie » à Paris du 27 au 30 mai 2009

ACTION URGENTE EN FAVEUR D'AUNG SAN SUU KYI

J’appelle l’ONU et l’ASEAN à prendre immédiatement des mesures pour assurer la libération d’Aung San Suu Kyi après qu’elle ait été détenue et mise en état d’arrestation dans la prison birmane tristement célèbre d’Insein.
Des messages d’inquiétude de l’ASEAN et de l’ONU ont, dans le passé, été  constamment ignorés et défiés par le régime birman. Les mots ne suffisent pas. La réputation de l’ONU et de l’ASEAN est maintenant en jeu. Je vous exhorte d’agir en envoyant immédiatement un émissaire livrer un message fort au régime birman appelant la libération immédiate d’Aung San Suu Kyi et de tous les prisonniers politiques birmans.

Aung Sung Suu Kyi est jugée pour avoir rompu les conditions de son assignation à résidence après qu’un ressortissant américain ait nagé à travers le Lac Inya jusqu’à sa maison. Quoi qu’il en soit Aung San Suu Kyi n’a commis aucun crime. Cet homme s’est introduit dans sa maison. Il a refusé de partir, et c’est elle qu’on emprisonne.

Aung Sung Suu Kyi a passé un total de plus de 13 années en détention
Les Nations unies ont statué que la détention de Aung San Suu Kyi est illégale au regard de la loi internationale et aussi la loi birmane. Le conseil de Sécurité des Nations unies a également appelé la dictature birmane à libérer Aung San Suu Kyi.

Je vous appelle à agir maintenant, car Aung San Suu Kyi pourrait passer le reste de sa vie en prison.

Signez l'appel sur le site de nos confrères anglais : http://www.burmacampaign.org.uk/ASSK_action.html


Flore Tixier
INFO BIRMANIE
74, rue Notre Dame des champs
75006 Paris
www.info-birmanie.org
tél: 01 46 33 41 62

NOTA : Succès de la campagne  actuelle pour la libération d'Aung San Suu Kyi : plus de 600.000 citoyens à travers le monde ont soutenu la pétition lancée par 200 organisations, dont la FIDH et Info Birmanie. "au cours des trois derniers mois, un citoyen a signé la pétition toutes les dix secondes. Les pouvoirs politiques doivent s'appuyer sur ces injonctions populaires pour agir plus activement" a déclaré Info Birmanie [source : www.info-birmanie.org]

[tribune] « Birmanie, tu n’est pas seule »

Les milliers de villageois karen fuyant sous les nouvelles attaques de l’armée birmane ont-ils entendu le message du Secrétaire général des Nations unies prononcé lors de son arrivée à Rangoon ? Surtout ce message peut-il avoir un sens pour ceux qui tentent de résister depuis 60 ans aux assauts de la junte dans un conflit ignoré de tous et dans un pays qui voit se succéder les émissaires onusiens depuis des années? Ban Ki-moon n’a de toute façon (probablement) pas évoqué le sort de ces minorités dans son discours destiné à exhorter les généraux à sortir de leur isolement.
Il avait été annoncé que si Ban Ki-moon ne parvenait pas à rencontrer Aung San Suu Kyi, sa visite serait un échec. Il était redouté qu’elle n’apparaisse en plus comme une victoire du pouvoir militaire qui ferait ce qu’il voulait de la visite du Secrétaire général. Doit-on alors parler de manoeuvre réussie par la junte ?

Evidemment non. Si Ban Ki-moon a reçu l’accueil que l’on attendait, la junte militaire n’en est pas apparue plus forte. Elle est apparue plus obstinée, plus irréfléchie, plus isolée que jamais. Nous devons voir dans cette obstination une fuite vers toujours plus d’oppression devant une incapacité certaine de réflexion, de raisonnement. Si l’échec de la visite de Ban Ki-moon est flagrant, celui de la junte à faire preuve d’intelligence et d’ouverture l’est encore plus.

Le procès d’Aung San Suu Kyi, reporté semaine après semaine pour user l’attention de la communauté internationale, est le dernier exemple de la voie sans retour sur laquelle s’est engagée la junte. Gordon Brown a évoqué la possibilité de nouvelles sanctions. Elles doivent être immédiates et non pas suspendues à une énième échéance. Elles doivent être efficaces en affaiblissant sérieusement les revenus des généraux. La pression doit être économique mais aussi politique et juridique. Cessons de nous comporter raisonnablement avec des personnes qui ne le sont pas. Les généraux, hélas, ne comprennent que le langage de la force.(source : Info Birmanie, 8 juillet 2009)

précédemment...
Tina-Kieffer--Jane-Birkin--17-12-2008-PaUne manifestation pacifique en solidarité avec le peuple birman a eu lieu à Paris le 17 décembre 2008, place du Trocadéro en présence de Jane Birkin et de militants d'associations des Droits de l'Homme (lire plus bas la VIDEO et l'article : Solidarité avec Aung San Su Ki). photo caphi >
manif_17dec-08-Paris.jpg




Jane Birkin pour Aung Sun Suu Kyi le 17-12-2008 à Paris filmée parcaphi (Durée : 05:03)


112 anciens présidents et premiers ministres pressent le secrétaire général de l’ONU pour une action urgente en faveur de la libération de tous les prisonniers politiques birmans > LIRE AUSSI EN BAS DE PAGE

 

EN SAVOIR PLUS >www.info-birmanie.org 

(Diffuse des informations sur la situation politique, économique et sociale de la Birmanie)

Voici une sélection de revue de presse et de blogs comprenant aussi un portrait de Aung San Suu Kyi  et l'histoire de la Birmanie]

Solidarité avec Aung San Su Ki

Le magazine féminin Marie-Claire se fait l'écho de la situation dramatique dans laquelle se trouve la Birmanie, et publie un page consacrée aux Birmans, intitulée "Silence, on meurt", chaque mois depuis cet été.

En décembre 2008, dans son article intitulé "Tuons le silence qui tue Aung San Su Ki", Marie-Claire a appelé au rassemblement sur le Parvis des Droits de l'Homme, Place du Trocadéro, le mercredi 17 décembre à 12 heures.
Un portrait d'Aung San Su Ki fut accroché avec l'accord et la participation de la ville de Paris, et un appel à sa libération ainsi qu'à la libération de tous les prisonniers politiques birmans, a été lancé.

Pour mémoire, Aung San Su Ki, connue aussi sous le nom de la Dame de Rangoun, est le leader de la Ligue Nationale pour la Démocratie, en oppostion à la terrible dictature militaire au pouvoir. Prix Nobel de la Paix, elle avait remporté les élections en 1990. La junte militaire à tout simplement annulé le résultat des élections et emprisonné les leaders de la LND.

La dame de Rangoun est ainsi assignée à résidence depuis lors. Elle est la fille du général Aung San, qui avait libéré la Birmanie de son colonisateur anglais, et qui fut assassiné peu de temps après, faisant place à une dictature sanglante. Ainsi, toucher à Aung San Su Ki, serait, dans la mémoire collective, toucher au libérateur birman, et risquer de provoquer une insurrection incontrôlable contre le régime. C'est à cela qu'elle doit d'être encore en vie, dans des conditions moins pénibles que celles de la prison Insein, mais dans la solitude.

Etre présent, parler d'elle, manifester, faire connaître la situation autour de soi, permet de garder une pression médiatique et de jeter un regard international sur la junte afin qu'on ne les oublie pas. Il s'agit d'une action similaire à celle qui a été faite pour la libération d'Ingrid Bétancourt.

(d'après la rédaction de l'Association Amitié Lorraine Myanmar - Birmanie) - Le blog de l'Association Amitié Lorraine Myanmar (Birmanie)
 
Comprendre la Birmanie et les birmans pour mieux les aider

 . d'abord à travers un de ses personnages emblématiques : Aung San Suu Kyi

L’un de ses discours les plus connus est le “Libérez-nous de la peur”, qui commence ainsi :


« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur. La peur de perdre le pouvoir corrompt ceux qui le détiennent, et de la même manière, la peur du fléau que représente un pouvoir corrompu corrompt ceux qui sont sujets à ce pouvoir. »

Aung San Suu Kyi, sans peur et sans reproche
Née le 19 juin 1945 à Rangoun en Birmanie (appelée aussi Myanmar), est la figure emblématique de l'opposition birmane à la dictature militaire. Elle s’est fait connaître du grand public en recevant le prix Nobel de la paix en 1991 pour ses actions non violentes. Elle est secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), opposée à la dictature en place. Elle ne peut exercer son activité politique car elle est actuellement emprisonnée par la junte militaire au pouvoir.
En 2007, elle est classée comme la 71e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes.

Source :Wikipédia.org


[dossier] Birmanie, une géole à ciel ouvert

[historique] De 1945 à 2007, les militaires au coeur de l'histoire birmane

Depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu'au soulèvement récent des moines bouddhistes, l'histoire récente de la Birmanie est marquée par la mainmise de l'armée sur le pouvoir. Retour en images avec l'INA.

A la fin de l'année 1944, la guerre n'est pas finie sur le front Pacifique. La Birmanie, "libérée" par les Japonais en 1942, est à nouveau prise dans les combats. La route birmane, stratégique, est convoitée par les alliés. Elle permet d'approvisionner les troupes nationalistes chinoises qui combattent le Japon. En février 1945, l’armée britannique patauge dans la jungle birmane.

20070310birmananglais.jpg16 février 1945. Actualités cinématographiques: débarquement de troupes anglaises en Birmanie.

Allié des Japonais durant la guerre, le général Bogyoke Aung San, qui a dirigé l’Armée indépendante birmane, finit par leur déclarer la guerre en mars 1945. Figure de la lutte pour l’indépendance, le militaire est assassiné en 1947 laissant une fillette de deux ans: Aung San Suu Ki.

L’indépendance est acquise le 4 janvier 1948, Thakin Nu est à la tête de l’Etat. 1962 marque la fin de la démocratie: un coup d’Etat militaire est organisé. La nouvelle Birmanie est dirigée par des gouvernements fantoches se revendiquant du socialisme, tout en pourchassant des minorités communistes.

En 1988, d’immenses manifestations sont organisées par les étudiants partout dans le pays. Ils réclament la démission du gouvernement au pouvoir et l’installation de la démocratie. Ne Win, le Premier ministre, cède et démissionne en juillet. Il est remplacé par Maung Maung, qui va engager, en septembre, des négociations avec l'opposition. Sous la pression des manifestants, le nouveau pouvoir promet des élections libres.

20070310birmanjoie.jpg10 septembre 1988. JT d'Antenne 2. Manifestations de joie à Rangoon.

Une semaine plus tard, le 18 septembre, un nouveau coup d’Etat militaire dirigé par le général Saw Maung et une répression d’une extrême violence ont raison des manifestants. Les caméras du monde entier saisissent les images de la répression.

20070310birmanviolences.jpg18 septembre 1988. JT d'Antenne 2. Un "espion" passé à tabac par les manifestants.

L’une des fondatrices de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), Aung San Suu Kyi, la fille du général Bogyoke Aung San, est arrêtée. Elle refuse de quitter le pays, ce qui lui vaut une assignation à résidence, toujours en vigueur. En 1990, les élections générales organisées par la junte militaire, sont gagnées par la LND. Le pouvoir annule le scrutin. Un an après, la militante birmane reçoit le prix Nobel de la paix.

20070310birmannobel.jpg14 octobre 1991. JT d'Antenne 2. Portrait d'Aung San Suu Kyi, qui vient de recevoir le Nobel de la paix.

La semaine dernière, la junte militaire réprimait violemment le vaste mouvement de protestation populaire engagé dès le mois d'août. Bilan: 138 morts (selon une radio en exil) et plus d'un millier d'interpellations.


source : rue89.com, 3/10/2007

> Lire aussi
Les moines défilent à Rangoon, lundi (Stringer/Reuters).
> Un mois de manifestations : la junte intensifie les violences, la censure et la propagande [source : Reporters sans frontières]
> Arrestations musclées, interrogatoires, tortures, des moines birmans témoignent [Le Monde du 10 octobre 2007]

 
Dernière image de Birmanie envoyé parlemondefr  (Durée : 01:55)
Télézapping du vendredi 28 septembre 2007. La revue de presse quotidienne des journaux télévisés de la mi-journée. Images: BFM tv, France 2, itélé, LCI


Réalisation: Le Monde.fr


Des généraux richissimes face à une population misérable

 

Initiative inattendue et astucieuse contre la junte birmane

dimanche 8 juin 2008

Avis aux filles, femmes solidaires et autres militantes qui "n’ont pas froid aux yeux"


Les généraux à la tête de la Birmanie sont accusés d'être immensément riches alors que la population du pays, autrefois parmi les plus prometteurs d'Asie grâce à d'abondantes ressources naturelles, n'a cessé de s'enfoncer dans la misère. (source AFP)

Plusieurs organisations féminines ont appelé mardi les Québécoises à une protestation inusitée contre la junte birmane en leur demandant d’envoyer leurs petites culottes à l’ambassade de Birmanie.

L’appel lancé par la fédération des femmes du Québec (FFQ) et une trentaine d’organisations de solidarité et de femmes s’inscrit dans le cadre d’une campagne internationale visant à dénoncer les brutalités de la junte birmane contre sa population et les femmes en particulier, a expliqué Michèle Asselin, présidente de la FFQ.

L’initiative de la campagne ’P’tites culottes pour la paix’ vient d’un groupe de femmes birmanes, Lanna Action for Burma (LAB), et a été conçue après la répression à l’automne dernier des manifestations pro-démocratie dirigées par les moines, ce qu’on a appelé la révolution safran, a précisé Mme Asselin à l’AFP.

Ces femmes ont décidé de ce mode de protestation en raison d’un tabou birman selon lequel les hommes ne doivent pas toucher les vêtements portés par une femme au dessous de la taille. Les généraux birmans qui sont superstitieux croient que tout contactavec ces vêtements pourrait leur faire perdre leur pouvoir, selon les organisatrices de la campagne.

Nous avions prévu de lancer la campagne il y a deux semaines, mais avec le cylcone Nargis on a retardé le lancement pour nous assurer auprès des femmes de LAB qu’elle était toujours pertinente et celles-ci nous ont demandé de la maintenir’, a déclaré Mme Asselin. ’En Birmanie comme dans d’autres pays en guerre ou militarisés, il y a des viols systématiques de femmes et des meurtres’, a-t-elle ajouté.

Les trente organisations, dont la FFQ et Droit et Démocratie demandent aux femmes d’envoyer des petites culottes déjà portées à l’ambassade de Birmanie à Ottawa.

Le lancement de la campagne à Montréal a coïncidé avec l’annonce de la décision de la junte birmane de prolonger d’un an l’assignation à résidence de la figure de proue de l’opposition Aung San Suu Kyi.

Coordonnées de l’Ambassade de BIRMANIE
(Fonctions consulaires assurées par l’Ambassade)
60, rue de Courcelles - 75008 Paris
Tél 01.56.88.15.90 - Fax 01.45.62.13.30
me-paris@wanadoo.fr

source : Altermonde-sans-frontières - http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article7040

L'opposition birmane à bout d'espoir

Les partisans d'Aung San Suu Kyi et de l'opposition birmane exhortent l'Union européenne à faire comparaître le chef de la junte, Than Shwe, devant la Cour pénale internationale, pour crime contre l'humanité.
Les partisans d'Aung San Suu Kyi et de l'opposition birmane exhortent l'Union européenne à faire comparaître le chef de la junte, Than Shwe, devant la Cour pénale internationale, pour crime
contre l'humanité. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS


Pour le 63e anniversaire d'Aung San Suu Kyi, une centaine de manifestants ont tenté jeudi à Rangoun de crier leur révolte. En mesurant un peu plus leur impuissance face à la junte militaire.


Philippe Maes, Le Figaro,19/06/2008


Les appels de la communauté internationale une fois encore sont restés vains. C'est dans la maison délabrée de Rangoun où elle est assignée à résidence par la junte qu'Aung San Suu Kyi, privée de liberté durant la majeure partie de ces dix-huit dernières années, a fêté jeudi ses 63 ans. Pour marquer ce jour, plus d'une centaine d'opposants se sont rassemblés devant le siège de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Tandis que des agents en civils les photographiaient et les filmaient, ils ont crié «libérez Aung San Suu Kyi» avant d'être dispersés par la police.

Révoltés par la façon dont la junte militaire a fait peu de cas du désastre humanitaire provoqué par le passage du cyclone Nargis les 2 et 3 mai dans le sud du pays, les moines bouddhistes ont voulu marquer ce jour anniversaire en se tournant vers l'Union européenne. Ils l'exhortent à faire comparaître devant la Cour pénale internationale le chef de la junte, le généralissime Than Shwe, pour «crimes contre l'humanité, comme l'a recommandé le Parlement européen». «Le gouvernement n'a rien fait pour venir en aide aux victimes. Il a refoulé les bateaux étrangers qui voulaient leur porter secours», murmure Ashin, un moine d'un monastère de Rangoun. Ce désastre a montré le «vrai visage» de la Birmanie, dit-il, avec «d'un côté la population et de l'autre le gouvernement».

Assommées par la violence du cyclone, puis livrées à elles-mêmes, les victimes de Nargis s'étaient mises à espérer en voyant l'aide étrangère s'organiser. «Quand les bateaux stationnaient le long des côtes du delta de l'Irrawaddy, on priait pour qu'ils puissent rentrer», confie Nwe, une réfugiée que le monastère héberge depuis la catastrophe. Le statut militaire des bateaux français, britanniques et américains venus distribuer de l'aide humanitaire a créé le malentendu, tant du côté de la population que du gouvernement. «On se disait que s'ils réussissaient à venir, le pays allait enfin s'ouvrir, poursuit-elle à mi-voix, et qu'ils allaient nous libérer comme les Américains ont libéré l'Irak de Saddam Hussein.» La junte militaire, qui s'est retranchée il y a deux ans dans son nouveau fief à Naypyidaw, créé ex nihilo en pleine jungle, n'a rien voulu entendre. Refoulés, les navires étrangers ont fini par rebrousser chemin.

 

«On est comme en prison»

 

Pour Nwe comme pour beaucoup d'autres, l'espoir a alors laissé place à la colère et l'abattement. «La situation ne changera jamais», se désole Kyaw, qui nous reçoit chez lui, dans un quartier pauvre à la périphérie de Rangoun. En 1988, ce commerçant était descendu dans la rue pour protester contre la dictature militaire, qui exerce le pouvoir depuis 1962. La répression, sanglante, avait causé 3 000 morts. En septembre dernier, il est de nouveau allé manifester en rejoignant le mouvement pacifique des moines contre la brutale flambée des prix. «Les deux premiers jours, ça allait. Mais après, le gouvernement a commencé à tirer, on a dû s'enfuir», raconte-t-il. «On a essayé, ça n'a pas marché. Personne n'aime ce gouvernement, mais on ne peut rien faire. On est comme en prison.» Lors du référendum sur la nouvelle Constitution, maintenu par la junte en mai en dépit du cyclone, ni lui ni sa famille n'ont donné leur voix. «Personne n'a voté, jure-t-il. Et le gouvernement dit que 92,4 % des gens auraient voté oui ? C'est une blague !»

À ses yeux, seule Aung San Suu Kyi, qu'il admire pour son «courage, son intelligence et sa culture», serait capable de changer les choses. Mais Kyaw ne se fait pas d'illusions : «Elle ne parviendra pas à gagner ce combat. Elle mourra dans sa résidence. Il faut trouver une autre voie pour lutter. Je ne sais pas laquelle.» Celle de l'opposition ne suscite guère d'espoir. «Les gens savent que la LND n'est d'aucun secours, assure un observateur birman. Il y a un vrai problème de leadership : à part Aung San Suu Kiy, qui ne peut rien faire en l'état, il n'y a personne.»

 

Prédictions

 

Choquée par les coups de feu tirés contre les moines en septembre dernier, la population continue d'espérer secrètement la révolte sans oser faire le premier pas. Si, en privé, «tout le monde ne parle que de ça» et reste à l'affût des «vraies informations» diffusées par les radios d'exilés birmans, en public, le silence et la discrétion sont de rigueur. Ainsi, à Rangoun, les apparences sont trompeuses. La vie semble avoir repris son cours comme avant, loin des tumultes. Mais, à l'abri des regards, chacun guette le moment où, enfin, le régime pourrait tomber. «Des astrologues réputés en Birmanie ont prédit sa chute pour le mois d'août et ont distribué en cachette des petits bouts de papier qui l'annonçaient», explique Kyaw. Ils ont été arrêtés début juin et jetés en prison. Obsédée par la menace que représente à ses yeux la présence étrangère, le gouvernement militaire a bouclé la zone sinistrée et filtre minutieusement chaque nouvel entrant.

De crainte que la situation ne lui échappe, elle a appelé la population à la vigilance envers les «éléments antigouvernementaux et sans scrupule», notamment des «pays de l'Ouest», qui tentent de «détruire la nation», selon la rhétorique du quotidien The New Light of Myanmar, porte-voix de la junte. Méfiante envers les Occidentaux, elle l'est aussi envers sa propre nation. Dans le delta, l'aide privée spontanée et la plupart des moines sont désormais interdits d'accès.

Il y a maintenant plus d'un an, le 15 août 2007, le régime militaire birman décidait d'une augmentation des prix des carburants. Celle-ci, aggravant encore les conditions de vie d'une population vivant pour moitié en dessous du seuil de pauvreté, déclenchait une première vague de manifestations menée par des activistes politiques et de simples civils. L'implication croissante des moines bouddhistes allait par la suite donner une importante ampleur au mouvement et lui valoir son nom de «révolution safran». Mais moines bouddhistes, militants démocrates et civils allaient être les victimes d'une violente répression. 

C'est dans ce contexte tendu que Nicolas Sarkozy recevait le 26 septembre 2007 le Dr Sein Win, premier ministre du gouvernement birman en exil. Cette rencontre allait être l’occasion d’un changement de cap de la politique française vis-à-vis de la Birmanie. Longtemps, la France avait défendu la nécessité d’un «engagement constructif» auprès du régime militaire, une idée reposant sur le postulat d'un lien mécanique entre ouverture économique et libéralisation politique. La diplomatie française parlait désormais aux généraux de Rangoun le seul langage qu’ils puissent comprendre : celui de la fermeté. Le président de la République allait jusqu’à évoquer le retrait de Total, premier investisseur étranger en Birmanie. Les décisions qu’il prit à cette occasion – le gel des investissements français dans ce pays et la promotion d’une politique de sanctions au sein de l’Union européenne et des Nations unies – furent accueillies par les mouvements d’opposition birmans, toujours en quête de reconnaissance internationale, comme un soutien de poids (1) .

Cette nouvelle orientation de la politique française ne faisait cependant pas l'unanimité. Un courant de pensée ancien, qui se présente sous les atours de la nouveauté, défend encore l'idée que les progrès politiques viendront d'un renforcement des investissements en Birmanie. Confrontés à l’évidence d’une mobilisation qu’ils n’ont pas vu venir et à laquelle la plupart d’entre eux ne croyaient pas, une poignée d’experts n’a maintenant de cesse de minimiser la dimension politique de la «révolution safran», affirmant qu’elle serait apparue sur le tard voire qu’elle aurait été soufflée aux manifestants par les médias occidentaux. Il a été ainsi affirmé qu’il se serait agi d’un mouvement pour du pain plus que d’une mobilisation véritablement politique. Dans le fond, les birmans n’aspireraient qu’à de meilleures conditions de vie, et nullement à la démocratie. Loin de rejoindre les aspirations d’une minorité de leaders nécessairement occidentalisée(2),  ils seraient prêts à se satisfaire de la mainmise du régime sur leurs vies dès lors que celui-ci saurait mieux pourvoir à leurs besoins.

La rue birmane, pourtant, a clairement exprimé en août et septembre 2007 le lien qu’elle faisait entre situation économique et mainmise du régime. Elle ne croit pas que la «démocratie disciplinée» promise par les généraux puisse constituer une solution aux crises politiques, économiques et sociales que connaît le pays. Une transition vers un véritable régime civil, qui bien évidemment ne pourra se faire sans les militaires, est dès lors nécessaire. Mais comment convaincre le régime d'entreprendre les évolutions espérées?

Les démocrates birmans savent d’expérience que dialoguer avec les généraux sans les mettre sous pression ne servira à rien. L’incapacité de l’ONU, malgré vingt ans de missions répétées en Birmanie, à arracher au régime la moindre concession substantielle le démontre amplement. Ainsi la mobilisation accrue des Nations unies depuis la révolution safran n’a-t-elle pas empêché la junte de poursuivre sa «feuille de route vers la démocratie». En mai dernier, tandis qu’un cyclone ravageait le sud de la Birmanie, le régime faisait approuver par référendum une constitution destinée à donner une apparence de légalité à sa mainmise sur le pays. 92, 4 % des électeurs se prononçaient ainsi officiellement, au terme d’une intense campagne d’intimidation et de violences, en faveur d’une constitution à laquelle il leur avait été interdit de voter non. Aujourd’hui, le régime s’apprête à poursuivre sa feuille de route avec l’organisation d’élections en 2010. 

Confrontés à un régime hostile à tout compromis, les démocrates birmans ont besoin du soutien de la communauté internationale. Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l’Homme, soulignait à raison que la réception par le président de la République française d’un représentant de l’opposition birmane était un geste symbolique fort, qui montrait qu’il y avait une alternative politique à la junte birmane. En travaillant à un projet de constitution alternatif à celui du régime, le mouvement démocratique a prouvé sa capacité à être plus qu’une force d’opposition. Cette alternative doit être plus que jamais soutenue. 

La France peut agir pour que les démocrates birmans retrouvent leur place dans la vie politique nationale – en insistant notamment pour que la junte libère l’ensemble des prisonniers politiques birmans, au premier rang desquels madame Aung San Suu Kyi, chef de file des démocrates et prix Nobel de la paix.

Elle peut en outre contribuer à convaincre les puissances asiatiques qu'il est erroné de considérer le régime militaire comme le meilleur garant de la stabilité du pays.

Elle peut enfin continuer de promouvoir au sein de l’Union européenne une politique de sanctions économiques ciblées, visant à pénaliser le régime et non la population.

Un outil parmi d’autres, mais un outil nécessaire. 

____________

(1) Au vu des déclarations de Nicolas Sarkozy et de la décision prise le 15 octobre par l’Union européenne « d’accroître la pression directe sur le régime » par un embargo sur les bois et métaux birmans, on ne pourra qu’être surpris de la place faite par le site Internet de l’ambassade de France en Birmanie à l’Association France Myanmar des Affaires à Yangon qui se fixe comme objectif « de maintenir une présence vivante de la communauté des affaires intéressée au développement des relations économiques entre la France et la Birmanie. » Dans cette association, « les principaux secteurs de l’économie birmane ont vocation à être représentés, le secteur agro-alimentaire comme la filière bois, le secteur énergétique ou le tourisme. »

(2) Les démocrates birmans sont ainsi définis comme extérieurs à la birmanité.

source :Mediapart

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Communiqué d’Info Birmanie (mars 2009)

Pour la libération de tous les prisonniers politiques en Birmanie

Info Birmanie consacre dans son numéro de février des ‘Nouvelles de Birmanie’ une attention particulière au problème des prisonniers politiques. Le nombre de prisonniers politiques a considérablement augmenté depuis 18 mois, et leur libération est au coeur des débats diplomatiques entre la junte et la communauté internationale. Malgré d’incessants appels de l’ONU au dialogue avec l’opposition, la junte militaire continue de châtier durement les activistes politiques liés au mouvement démocrate.

Au mois de novembre dernier, pas moins de 215 activistes ont été condamnés à des sentences excédant pour la plupart le demi-siècle. Une tendance lourde ces dernières années : depuis 2003, avec la condamnation à 106 ans de prison d’un leader shan, le recours abusif aux tribunaux pour mettre à mal la dissidence est devenu la grande stratégie du régime. Le système judiciaire est désormais utilisé comme outil de répression.

L’année 2009 doit être celle de la libération de tous les prisonniers politiques birmans.

Plus de 250 organisations de soutien aux démocrates birmans comme Info Birmanie se sont donc unies pour lancer ce mois-ci une campagne mondiale appelant les citoyens du monde entier à exiger la libération des prisonniers politiques birmans. La campagne « Libération de tous les prisonniers politiques en Birmanie : agissons maintenant ! » nous permettra à tous, organisations militantes et citoyens engagés, de demander à l’ONU et en particulier à son Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, de tout mettre en oeuvre pour obtenir la libération d’Aung San Suu Kyi, de Min Ko Naing et des 2130 autres prisonniers politiques.

Citoyens d’un pays libre, votre voix compte. « Usez de votre liberté pour promouvoir la nôtre » avait coutume de rappeler Aung San Suu Kyi, lors d’un bref moment de liberté en 2002.Alors rejoignez cet élan mondial de solidarité envers les prisonniers politiques birmans, et signez notre pétition !

 

INFO BIRMANIE
74, rue Notre Dame des champs
75006 Paris
www.info-birmanie.org
tél: 01 46 33 41 62

EN SAVOIR PLUS >www.info-birmanie.org 
(Diffuse des informations sur la situation politique, économique et sociale de la Birmanie)
(page commencée le 3 octobre 2007 et actualisée régulièrement)

 

 

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