Le Tibet, la non-violence pour "arme" face à des olligarques venus de l'extèrieur

Publié le par caphi

[actualité] Le dalaï lama attaque Pékin et reçoit le titre de "citoyen d'honneur" de Paris Le chef spirituel en exil des Tibétains, a évoqué dimanche 7 juin 2009 à Paris une "orchestration" par la Chine des émeutes de mars 2008 au Tibet et une campagne pour le discréditer, peu avant de recevoir le titre de "citoyen d'honneur" de la ville de Paris (source : AFP, 7.06.2009 12:13) > LIRE PLUS BAS

[comprendre] En 1950, lorsque les soldats chinois de la vaillante armée populaire de libération (APL) "libèrent pacifiquement" le Tibet, l'événement est accueilli par l'indignation silencieuse du "monde libre" : alors que la place forte tibétaine de Chamdo tombe fin octobre, l'appel lancé à la toute jeune ONU, le 7 novembre, par le gouvernement de Lhassa pour dénoncer la "violation des faibles par les forts" reste sans effet. Il faut dire que cela tombe mal : la guerre de Corée vient d'éclater, l'URSS se tient résolument au côté de la Chine maoïste et tout le monde a bien d'autres sujets de préoccupations que le "pays des neiges"... 

Aujourd'hui, plus de 50 ans après, même si la plupart des dirigeants occidentaux ont été hostiles au boycott des Jeux Olympiques de 2008, la médiatisation a réveillé les consciences comateuses. «Cette cause bénéficie d'un fort potentiel de sympathie, souligne Philippe Cornu, président de l'Université bouddhique européenne. Le Tibet représente une civilisation ancienne, originale, qui ne demande qu'à vivre pacifiquement. Or elle se trouve confrontée au rouleau compresseur chinois, le symbole même d'une mondialisation sans états d'âme.»

Partout éclosent des foyers de solidarité...

«Notre pays ne peut pas rester en retrait par rapport aux Etats-Unis, à l'Allemagne ou à la Grande-Bretagne»  Lionnel Luca, actuel leader du groupe Tibet à l'Assemblée nationale française (lire plus bas) 

[actualité] Le dalaï lama attaque Pékin et reçoit le titre de "citoyen d'honneur" de Paris

Le dalaï lama, chef spirituel en exil des Tibétains, a évoqué dimanche à Paris une "orchestration" par la Chine des émeutes de mars 2008 au Tibet et une campagne pour le discréditer, peu avant de recevoir le titre de "citoyen d'honneur" de la ville de Paris.
Le dalaï lama, chef spirituel en exil des Tibétains, a évoqué dimanche à Paris une "orchestration" par la Chine des émeutes de mars 2008 au Tibet et une campagne pour le discréditer, peu avant de recevoir le titre de "citoyen d'honneur" de la ville de Paris.

Le dalaï lama, chef spirituel en exil des Tibétains, a évoqué dimanche à Paris une "orchestration" par la Chine des émeutes de mars 2008 au Tibet et une campagne pour le discréditer, peu avant de recevoir le titre de "citoyen d'honneur" de la ville de Paris.

"On a eu des témoignages selon lesquels trois camions de Tibétains qui étaient inconnus ont été amenés le 14 (mars) au matin. On soupçonne une orchestration", a affirmé le Prix nobel de la Paix à quelques journalistes.

"Les Chinois ont dit que tout avait commencé le 14 mars au matin et en fait on sait très bien que ça a commencé le 10 après-midi mais que la police et l'armée ne sont pas intervenues", a-t-il ajouté en tibétain traduit par son interprète officiel en France Matthieu Ricard.

De même, en février 2006, lors d'une rencontre entre des envoyés du dalai lama et des officiels chinois, ces derniers "ont reconnu qu'ils acceptaient le fait que le dalai lama ne demandait pas l'indépendance (du Tibet). Mais quelques mois plus tard, il y eu une intensification de la dénonciation du dalaï lama comme étant un séparatiste", a traduit Matthieu Ricard.

Le dalaï lama qui multiplie les rencontres avec les Chinois à l'étranger depuis un an, leur explique, comme il l'a fait samedi à Paris, "qu'il n'a pas confiance dans le gouvernement totalitaire chinois mais qu'il fait confiance au peuple chinois", a expliqué à l'AFP M. Ricard.

"Il veut contrer la propagande de Pékin qui tend à monter les Chinois contre les Tibétains et ramener de bonnes relations entre les deux ethnies", explique Marie Holzman, présidente de l'association Solidarité Chine, proche des dissidents chinois, qui a organisé la rencontre entre le dalai lama et un groupe de Chinois.

La Chine avait accusé le dalaï lama d'avoir fomenté des émeutes anti-chinoises en mars 2008 pour saboter les jeux Olympiques de Pékin, et l'accuse de séparatisme. Lui dément, et affirme qu'il prône seulement une large autonomie culturelle et spiriturelle du Tibet.

Samedi, le dalaï lama avait dénoncé, à son arrivée à Paris, la "condamnation à mort" dont est victime la "nation tibétaine", en raison de la "politique dure" de Pékin.

Dimanche après-midi, il devait donner une conférence de deux heures sur le thème de "l'Ethique laïque" au Palais-Omnisport de Bercy où des milliers de fidèles étaient attendus.

"Mon engagement c'est la promotion des valeurs humaines. Je décris ces valeurs comme +l'éthique laïque+ ce qui signifie le respect de toutes les origines, de toutes les religions", a-t-il expliqué en anglais.

Le dalaï lama devait se rendre ensuite à la mairie de Paris en fin d'après-midi pour recevoir son titre de citoyen d'honneur pour lequel il s'est dit "honoré". Décernée en 2008, la distinction lui sera remise par le maire de Paris Bertrand Delanoë, membre de l'opposition socialiste à Nicolas Sarkozy.

En dépit des foudres de Pékin, qui avait qualifié l'octroi de ce titre d'"ingérence dans les affaires intérieures chinoises", M. Delanoë a maintenu le rendez-vous, affirmant qu'il n'entendait pas renoncer à ses convictions.

Cette visite intervient à un moment délicat des relations entre la France et la Chine qui se remettent à peine de quatre mois de "brouille" consécutifs précisément à une rencontre en décembre en Pologne entre le président Nicolas Sarkozy et le dalaï lama, qui avait ulcéré la Chine. Aucun rendez-vous avec le gouvernement n'est prévu lors de cette visite de deux jours à Paris du chef tibétain.

revue de presse
Le-drapeau-tib-tain-d-ploy----la-Veill-e-aux-bougies-pacifqiuse-devant-l-Ambassade-de-Chine---Paris-16-3-2008.JPGLe drapeau tibétain déployé à la Veillée aux bougies pacifique devant l'Ambassade de Chine à Paris le 16 mars 2008 - photo caphi
Oui, il faut défendre le Tibet. Oui, la Chine est la plus vaste prison du monde par Robert Solé, Le Monde du 26.03.08.
Oui, les droits de l'homme sont plus sacrés que la flamme olympique... Tout cela est juste et bon. Mais d'où vient le malaise que l'on éprouve depuis quelques jours ? Serait-il dû aux philippiques enflammées, sur toutes les radios, d'un reporter sans frontières qui donne l'impression désagréable de s'approprier ce combat ? Ou simplement à notre mauvaise conscience ? Nous découvrons le Tibet, avec la même fraîcheur que nous avions mise à découvrir la Tchétchénie, la Birmanie... Tiens, à propos, que se passe-t-il en Birmanie ? C'était quoi, déjà, le débat ? Il y a peu de temps encore nous étions tous sur le pied de guerre, suffoquant de colère, prêts à mourir pour Rangoun. Mais d'autres causes nous appelaient irrésistiblement.
Nos prises de conscience subites n'ont d'égales que nos indignations provisoires. Bien sûr, on ne peut pas être au four et au moulin. Il faudrait sans doute fixer un calendrier. Tchétchénie en janvier, Darfour en février, Tibet en mars... Plus que cinq jours pour crier "Tibet, Tibet !", avant de passer à autre chose.

TIBET, une cause française

Politiques, intellectuels, admirateurs du dalaï-lama... le sort du Toit du monde suscite dans l'Hexagone un vaste mouvement de solidarité. Il ne date pas des émeutes de Lhassa. Depuis des années, associations et réseaux s'activent en coulisse
(à partir d'un dossier de L'EXPRESS du 26/03/2008)
[Même si la plupart des dirigeants occidentaux ont été hostiles au boycott des Jeux Olympiques de 2008, la médiatisation] a réveillé les consciences comateuses. «Cette cause bénéficie d'un fort potentiel de sympathie, souligne Philippe Cornu, président de l'Université bouddhique européenne. Le Tibet représente une civilisation ancienne, originale, qui ne demande qu'à vivre pacifiquement. Or elle se trouve confrontée au rouleau compresseur chinois, le symbole même d'une mondialisation sans états d'âme.» (...)  «Le Tibet, c'est la cause universelle, qui réunit tous les ingrédients: l'écologie, les droits de l'homme, le génocide culturel. C'est pour ça que ça marche.» Pékin a beau gronder, menacer de représailles économiques, le pouvoir d'attraction du moine en robe pourpre paraît inoxydable. Au gré de ses visites, entre 1982 et 2004, il conquiert Jacques Chirac, Laurent Fabius, Jean-Louis Debré ou Bertrand Delanoë, qui le reçoivent sous les ors des palais nationaux. Quant aux parlementaires, ils s'activent pour la cause tibétaine, en réclamant par exemple pendant des années la libération de la plus célèbre prisonnière politique du Toit du monde, Ngawang Sangdrol. Cette jeune religieuse, torturée puis condamnée à vingt et un ans de prison pour des manifestations pacifiques, sera finalement libérée en 2002, après dix ans de détention.
5 millions de Français se disent proches du bouddhisme. Parmi eux, environ 150 000 convertis, dont 15 000 adeptes du bouddhisme tibétain. Au divan du psy ils préfèrent le zafu, le coussin de méditation. Aux dogmes de la religion catholique, une spiritualité light, mêlant quête du bonheur et conscience écolo. (..) La cause tibétaine bénéficie de cette perception, relève Raphaël Liogier, directeur de l'Observatoire du religieux à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, qui a publié A la rencontre du dalaï-lama (Flammarion). Elle rassemble aussi bien des intellectuels épris d'universalisme, d'anciens militants de gauche - notamment maoïstes - que des citoyens sensibles à l'injustice.»
Fini, l'image du plateau himalayen arriéré et folklorique: 4 millions de touristes ont visité le Tibet en 2007, une explosion de 60% en un an! «Pendant longtemps, on nous percevait comme un peuple médiéval, alors que la Chine renvoyait l'image d'un pays en marche, explique Wangpo Bashi, secrétaire général du bureau du Tibet à Paris. Quand les frontières se sont ouvertes, à partir de 1979, des voyageurs ont pu raconter les horreurs qu'ils avaient vues. Si le monde avait pris conscience plus tôt de la réalité, le dalaï-lama n'aurait pas attendu trente ans en exil avant de recevoir le prix Nobel de la paix!»
«Notre pays ne peut pas rester en retrait par rapport aux Etats-Unis, à l'Allemagne ou à la Grande-Bretagne.» (Lionnel Luca, l'actuel leader du groupe Tibet à l'Assemblée nationale française)

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    [témoignage] A Lhassa: "Cherche serveurs. Tibétains, ne pas se présenter"
    par Françoise Robin | Enseignante de littérature tibétaine | 16/08/2008 | Rue89
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    iplômée d’une grande école de commerce où je n’avais rien découvert d’autre que mon désintérêt total pour le « business », je suis allée me réconcilier avec le monde en le parcourant. L’Himalaya m’ayant donné le « goût du Tibet », je me suis inscrite en tibétain aux Langues Orientales. Dix ans plus tard, j’ai consacré une thèse à la nouvelle littérature au Tibet, et j’enseigne maintenant le tibétain. Je passe donc tous les ans deux à trois mois au Tibet « chinois » et y croise des dizaines, des centaines de Tibétains de Chine, la grande majorité, les 95% des Tibétains qui sont restés au pays.
    Pour d’évidentes raisons de sécurité, je me contente souvent d’écouter ces rencontres de hasard. Paysans, pasteurs nomades, intellectuels, étudiants, petits commerçants, chômeurs, cadres, retraités, jeunes, vieux, hommes, femmes. Dès qu’ils savent que je parle tibétain, je deviens un déversoir à confidences, trop longtemps gardées en soi dans une société où la méfiance s’est installée partout, depuis longtemps. Depuis deux ans, à Lhassa, je remarque que les Tibétains, des plus miséreux aux plus nantis, sont devenus loquaces, au mépris de leur propre sécurité – je n’interprète pas cela comme un signe de décontraction, mais comme un indice qu’un point de non-retour a été atteint.
    Morceaux choisis dans mes carnets de notes – ce florilège est, je crois, assez représentatif de l’ambiance qui règne à Lhassa.
    « Notre seul et unique recours, c’est ‘lui’, là-bas »
    Conversation dans un café de la vieille ville, 2007 : quelques matrones, la quarantaine, un caractère bien trempé. Tout commence comme d’habitude par des blagues (« Tu ne veux pas me présenter un riche étranger ? ») et rapidement la conversation dévie : « Le train, on sait bien pourquoi ils l’ont construit. » Je reste silencieuse, pour éviter un éventuel piège tendu (on ne sait jamais à qui on a affaire). « Pour emporter en Chine tous les minerais qui se trouvent au Tibet. » Pour ces dames, comme pour presque tous les Tibétains, le Tibet, ce n’est pas la Chine. « De toute façon, notre seul et unique recours, c’est ‘lui’, là-bas » (la dame se tourne vers le sud-ouest, paumes jointes, elle ferme les yeux).
    Plus tard, dans un web bar, un jeune amateur de rock me prouve qu’il sait détourner la censure : une photo du dalaï lama s’affiche sur un écran. Un Tibétain un peu terne fait irruption : « Vous n’avez pas vu ma casquette ? » Il farfouille vaguement et repart aussi sec. « Un espion… » me souffle, blasé, le jeune homme. « Il ne fallait pas changer brusquement de conversation, mais continuer comme si de rien n’était. » J’ai encore bien des choses à apprendre.
    Chez un paysan dévot (euphémisme), je découvre, interloquée, le triple portrait de Mao Zedong, Deng Xiaoping et Jiang Zemin. « Les ‘Trois Joyaux’, c’est obligatoire, des patrouilles de la police locale viennent vérifier », explique-t-il, penaud. Les « Trois Joyaux » : terme emprunté au bouddhisme tibétain. L’humour, au Tibet aussi, est la politesse du désespoir.

    Dans une salle à manger, une retraitée feuillette avec moi un ouvrage qui renferme des photos de la Révolution culturelle au Tibet. Il est interdit en Chine. Sanglots : « Tu vois, ce jeune homme dans ce camion, qui va être exécuté ? Mon jeune frère, 16 ans, a connu ça. Cassé en deux à l’arrière du camion, sa bouche était en sang, on l’avait torturé au préalable. J’ai été obligée d’assister à son exécution, j’ai dû garder les yeux ouverts pendant qu’ils tiraient. »
    « Ressentez-vous de la colère ? »
    « Non, mais la compassion pour ces gens qui n’ont rien compris. »
    Je reste encore interloquée. On rétorquera que les Chinois aussi ont beaucoup souffert. Certes. Mais au sujet de Mme Mao, à laquelle le Parti communiste avait imputé une grande partie des dérives de la Révolution culturelle pour mieux dédouaner son mari (et donc le Parti), Simon Leys a fait remarquer : « Sans Mao, il n’y aurait pas eu de Madame Mao. » Pour le paraphraser, « sans la Chine, il n’y aurait pas eu de Révolution culturelle au Tibet ».

    « Embauche serveurs et serveuses. Tibétains 30 yuan/jour, Han 50 yuan/jour. »

    Un ami me montre la photo qu’il a prise à Lhasa en 2002 d’une agence d’intérim. La vitrine est remplie d’annonces. Sur la plus grosse : « Embauche serveurs et serveuses. Tibétains 30 yuan/jour, Han [Chinois] 50 yuan/jour. » Une autre : « Cherche serveurs. Tibétains, ne pas se présenter ». Je m’offusque : est-ce légal ? Rire de mon ami : « Légal, illégal, ça veut dire quoi ? Je dois être le seul à avoir pris ce genre d’annonce en photo, personne ne fait attention, c’est devenu tellement normal. »
    Une jeune Tibétaine, diplômée d’une université de Canton, m’explique que, fonctionnaire, il lui est interdit d’aller au monastère ou de montrer des signes de dévotion. Levée à cinq heures du matin, elle s’emmitoufle dans un long manteau, chausse des lunettes sombres, se couvre le visage d’un masque à poussière. Elle sort ensuite dans le noir de la nuit pour effectuer des circumambulations du Potala, au mépris de sa carrière.
    La litanie pourrait continuer sans fin. Jeunes, vieux, hommes, femmes, élite et petit peuple ; la quasi-totalité des Tibétains que je croise témoigne de la souffrance de vivre dans une colonie dirigée par un régime intransigeant dont ils ne partagent ni les valeurs, ni la langue, ni la culture, ni l’histoire. Henri Michaux revendiquait avec humour et finesse sa position de barbare en Asie. Le lot quotidien des Tibétains est d’être traités comme des barbares sur leur propre sol.

    Excellente contribution qui remet les pendules à l’heure à un moment où on a bien besoin d’un tel éclairage. Tous les impérialismes oppriment, c’est connu, et l’impérialisme Han (dirigé, exploité, aiguillonné par le PCC) ne fait pas exception. Et l’on voudrait nous faire croire que, une fois « réglée » la question des minorités tibétaines (ou ouïgoures et autres), le PCC s’abstiendrait d’avoir un comportement moins impérialiste hors des frontières de la Chine? L’asservissement des Tibétains est le prélude à notre propre mise sous tutelle par des Chinois soucieux de prendre leur revanche sur les impérialismes occidentaux ou autres dont les Hans ont pu pâtir pendant de longues décennies au cours des deux derniers siècles. On peut compter sur eux pour nous égrener tous les crimes dont nous aurons pu nous rendre coupables, car ils ont une mémoire d’éléphant! A leurs yeux, il est juste de faire payer aux générations présentes et futures les méfaits de nos ancêtres. Evidemment, si le PCC devait chuter, nous conserverions une petite chance de voir la Chine (et les Hans avec elle) évoluer dans un sens plus positif. La difficulté est que les « puissances » occidentales s’accommodent très bien de la dictature du PCC.

    Pourquoi les militants pro-Tibet, assez bien écoutés par les médias français, ne militent-ils pas aussi en faveur des Oïgours musulmans, qui souffrent des mêmes difficultés ? Ca serait pourtant logique s’il s’agissait de dénoncer l’impérialisme chinois, de ne pas citer uniquement un cas où celui-ci opprime

    Les manifestants Ouighours sont toujours très bien accueillis aux manifs organisés pour le Tibet, et les appels à manifestation sont parfois commun. Vendredi 8 aout à Paris, les drapeaux Ouighours et Tibétains étaient cote à cote ! Mais comme la communauté ouighour est très réduite en Fance, il ont beaucoup moins de visibilités. Et ils n’ont pas la chance d’avoir un leader aussi charismatique que le dalaï lama…
    Mais du coté des militants pro-Tibet, ils sont toujours les bienvenus ! Et si la situation s’améliore enfin pour le Tibet, j’espère que les ouighours en profiterons aussi…

    Les autorités américaines apportent autant de soutien, financier et logistique, aux Ouighours qu’aux Tibétains. La chef des Ouighours, Rebiya Kadeer, qui est l’équivalent du Dalai Lama pour les Ouighours, a encore été tout récemment reçue par le Président des Etats-Unis, George W. Bush:

    Rebiya Kadeer meets with President Bush at the White House  : http://www.uhrp.org/articles/1239/1/Rebiya-Kadeer-meets-with-President-B…
    Le projet de « démocratisation » de la Chine que mènent les Etats-Unis s’appuie tout autant sur les Ouighours que sur les Tibétains.
    La région du Xinjiang interesse largement autant les Etats-Unis que la région du Tibet…
    Certaines réactions à cet article et aux précédents sur le Tibet, relèvent me semble-t-il de deux dérives symétriques : - Soit, en raison de l’oppression et de la colonisation du Tibet par la Chine (dont l’article nous apporte un témoignage fort), avoir une vision idyllique du dalai-lama et attribuer toute critique ou dénonciation à son égard à l’effet de la propagande chinoise. - Soit, en raison du projet politique théocratique que porte le dalai-lama, nier ou relativiser l’oppression du Tibet par la Chine. Peut-on échapper à cette alternative et «  Défendre le Tibet sans (forcément) encenser le dalaï-lama » ? (C’est le titre d’un article sur les blogs du Monde Diplomatique http://blog.mondediplo.net/2008-08-13-Defendre-le-Tibet-sans-forcement-e…)


      (source : Rue89)

    > VOIR MON REPORTAGE VIDEO : "A Paris, la manifestation pacifique pour le "TIBET LIBRE" gazée !" (16 mars 2008)

    Analyse

    Le dalaï-lama, combien de divisions ?

    Bruno Philip (Correspondant à Pékin)
    Courriel : philipbruno@gmail.com.

Le Prix Sakharov au dissident Hu Jia et aux "sans-voix" de Chine et du Tibet

STRASBOURG (AFP) - 23/10/2008 09h44

Portrait et birographie du dissident chinois Hu Jia
Portrait et birographie du dissident chinois Hu Jia

Le Parlement européen a décerné jeudi son Prix Sakharov 2008 au dissident chinois Hu Jia "au nom des sans-voix de Chine et du Tibet", malgré des mises en garde de Pékin sur une détérioration des relations avec l'Europe.

Le Prix est "décerné à Hu Jia au nom des sans voix de la Chine et du Tibet", a annoncé le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, en séance plénière à Strasbourg.

Portrait et birographie du dissident chinois Hu Jia

Photo prise le 9 janvier 2007 du militant chinois Hu Jia à Pékin

En décernant ce prix à Hu Jia, "le Parlement européen rend hommage au combat quotidien pour la liberté de tous les défenseurs des droits de l'Homme en Chine", a estimé M. Pöttering.

Hu, 35 ans, a été condamné en avril à l'issue d'une journée de procès, à trois ans et demi de prison pour tentative de subversion pour des propos publiés sur internet et des entretiens accordés à la presse étrangère.

Au moment où son nom a été cité début octobre parmi les nobélisables, Pékin avait estimé qu'une attribution du Nobel de la paix à Hu Jia serait une ingérence dans ses affaires judiciaires, rappelant qu'à ses yeux le militant était un "criminel ayant été condamné".

Au cours des derniers jours, des représentants du gouvernement chinois ont exercé de nombreuses pressions sur les eurodéputés pour éviter que le Prix Sakharov 2008 ne soit décerné au dissident.

Dans une lettre du 16 octobre à M. Pöttering dont l'AFP a obtenu copie, l'ambassadeur de Chine auprès de l'UE, Song Zhe, avait averti que "si le Parlement européen devait décerner ce prix à Hu Jia, cela heurterait inévitablement le peuple chinois et détériorerait sérieusement les relations entre la Chine et l'UE".

Song Zhe avait également estimé que "ne pas reconnaître les progrès réalisés par la Chine en matière de droits de l'Homme et insister sur la confrontation ne va qu'approfondir l'incompréhension" entre la Chine et l'UE.

Les pressions chinoises ont été exercées "par lettre, par email, et ils ont même essayé par téléphone", a indiqué de son côté le chef du groupe libéral du Parlement européen, Graham Watson.

Outre Hu Jia, l'opposant bélarusse Alexandre Kozouline et l'abbé congolais Abbot Apollinaire Malu Malu étaient en lice pour le prix Sakharov 2008.

Décerné par le Parlement européen, il récompense depuis 20 ans des personnalités ayant marqué de leur empreinte le combat en faveur des droits de l'Homme.

La récompense sera solennellement remise à Strasbourg le 17 décembre lors de la session du Parlement, qui sera également l'occasion de célébrer les 20 ans de ce prix, en présence des lauréats précédents: on compte parmi eux Nelson Mandela, la militante birmane Aung San Suu Kyi, et l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

Le prix est doté d'une somme de 50.000 euros.

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Rachid Nekkaz 28/11/2009 03:38


 

Communiqué :


 


CHINE ET DROITS DE L'HOMME


Conférence de presse ce lundi 30 novembre à 11h (19h de Paris) à Urumqi, capitale des Ouïgours


 


pour demander l'annulation de la condamnation à mort de 12 Tibétains et Ouïgours dont l'exécution est programmée le même jour


 


Arrivés à Pékin ce vendredi 27 novembre,


Rachid Nekkaz et Jean-Bruno Roumegoux s'envolent ce samedi à Urumqi, théâtre en juillet dernier de violences entre les Ouïgours et les Hans qui ont fait près de
150 morts


et entrainés l'arrestation de 1000 Ouïgours.


 


Rachid Nekkaz organisera au nom de l'association Paix Sans Frontières et du Club des Elus Allez France (dont 1776 Maires approuvent la démarche),


une conférence de presse devant la Mosquée d'Urumqi (Nord-Ouest de la Chine) afin de demander l'annulation de la condamnation à mort des 12 jeunes Tibétains et
Ouïgours.


 


Il demandera aussi aux autorités chinoises, ainsi que l'Union européenne l'a déjà formulée, l'organisation d'un nouveau procès avec des observateurs étrangers pour
ces 12 jeunes.


 


Rappelons qu'en octobre, 11 Ouïgours et Tibétains ont été exécutés sans que la communauté internationale ne soit intervenue.


 


Aide aux familles


Rachid Nekkaz remettra une aide personnelle de 50 000 euros aux familles des victimes ouïgours et tibétaines et aux familles
des condamnés à mort encore en vie après la conférence de presse.


 


Contact :


Association Paix Sans Frontières : Rachid Nekkaz et Jean-Bruno Roumegoux


Tel : 06 60 41 90 59 – 06 45 63 36 88 – Site : www.paixsansfrontieres.org